mardi 3 février 2015

CHAPITRE V : L'INTRUSION



Un immense portrait surplombait le salon où étaient assis nos trois personnages.
Jang Geun Suk était installé sur un grand fauteuil en cuir, les jambes croisées et un verre d'alcool dans la main droite. Son visage ne trahissait aucune de ses pensées, il était de marbre.
Devant lui, sur un canapé interminable, se trouvaient Yvonne et Majda, toutes deux assises à scruter l'endroit.

- Bon, je pense que vous savez pourquoi je vous ai fait venir ?

Jang lança cette phrase sans aucune intonation. En fait, c'était plutôt une question rhétorique afin d'introduire la suite. Il décroisa ses jambes, bût une gorgée de sa liqueur, et regarda les deux filles.

- Je sais que ça a dû être dur pour vous ces dernières heures, je connais ça mieux que vous. Je vous propose donc un marché.

Yvonne le regarda d'un air méfiant, tandis que Majda l'écoutait attentivement.

- Ici, j'ai le pouvoir sur beaucoup de choses et de personnes. Je vous propose donc de rester cacher chez moi jusqu'à que vous rentriez chez vous. Vous aurez le droit à deux gardiens du corps.

- Et en échange ? Rétorqua Yvonne

- Eh bien, en échange...vous laissez tomber cette histoire.

- C'est tout ? S'enquit de remarquer Majda, un air d'étonnement sur le visage.

- Oui, c'est...

- Sauf qu'on se prend tout le blâme, alors qu'on a rien fait, conclut Yvonne sur un ton des plus secs.

Jang rapprocha le verre de sa bouche, et but d'une traite tout ce qu'il restait. Il lécha ensuite ses lèvres et sourit.

- Ecoutez, vous partez dans quelques jours. D'ici là, tout le monde aura oublié cette histoire, et vous aussi. Je ne vois pas pourquoi vous essayer de sauver une situation alors que vous quittez le pays dans peu de temps. Laissez juste couler et l'incident se résoudra de lui-même...et si ce n'est pas le cas, je m'en occuperai déjà. Faites-moi confiance.

- Mais...qu'est-ce que vous avez à y gagner ? Dis Majda

Yvonne et Jang la regarda en même temps. Elle n'avait rien prononcé depuis le début. Jang, lui, la fixa droit dans les yeux, et lui offrit sont plus beau sourire.

- Je gagne deux fans de plus ! Dit-il en rigolant. Non mais sérieusement, je sais ce que ça fait que d'être poursuivi sans cesse...j'aimerais juste vous venir en aide comme vous l'avez fait pour moi. C'est normal non ?

Majda relâcha les épaules et se détendit, tandis qu'Yvonne semblait réfléchir.

- Bon, voilà ! Réglé ! Il y a une chambre au deuxième étage. Les lits sont déjà fait et des vêtements propres sont à votre disposition. Pour ma part, j'ai encore un shooting à faire...ahhh, quelle plaie.

Sur ces dernières paroles, Jang se leva de son fauteuil. Au même moment, deux hommes habillés en noir qui étaient postés dans les coins dans la pièce depuis le début le suivirent vers la porte. Ils sortirent et les deux filles se retrouvèrent toutes seules...du moins, dans le salon.
Majda se leva d'un bon, et se mit à danser.

- Ahhh, j'ai l'impression d'être dans un rêve ! Est-ce que tu arrives à t'en rendre comptes ? On est chez Jang geun Suk, LE Jang geun Suk ! Et le meilleur de tout tu sais c'est quoi ? Evidemment que tu le sais, ce n'était pas une question ahahah, c'est qu'on va littéralement vivre chez lui durant ces quelques jours ! Ahhhh je suis tellement aux anges !

Yvonne sourit à la vue de cette joie soudaine. Mais ses pensées en disaient autrement. Quelque chose clochait.



*



La chambre était immense, les vitres étaient plus grandes que les deux filles l'une sur l'autre. Un énorme écran plasma était accroché contre le mur, dans le coin de la pièce, une armoire ornée de motifs à spirales se dégageait du reste, de part sa vieillesse...elle devait coûter un bras. Les deux lits, quant à eux, étaient pourvus d'un matelas épais avec au moins six coussins de tailles différentes. 

- Woaw, mais c'est plus luxueux qu'un hôtel cinq étoiles, et encore ! Dis Yvonne, sous le charme.

Majda se jeta directement sur le lit afin de renifler les couvertures et les coussins.

- Eh, qu'est-ce que tu fais ? Demanda Yvonne en haussant les sourcils.
- Oh ! Il y a peut être l'odeur de Jang quelque part !
- Pff, t'es stupide ou quoi ? Il n'est certainement jamais venu dans cette pièce. Ça doit être sa femme de ménage qui s'en occupe.
- ...Qu'est-ce que t'en sais de toute façon ? Pff...t'as vraiment une dent contre lui hein ? Franchement, c'est stupide...il est tellement gentil avec nous alors que cette histoire aussi lui porte préjudice. Dis toi que juste pour notre sécurité, il va laisser couler et régler ça par lui même lorsque l'on sera parties !
- Justement, en parlant de ça...tu ne trouves pas ça bizarre ? Tout serait beaucoup plus simple si on faisait une interview tout les trois en disant la vérité non ? Pourquoi se compliquer la vie ?

Majda semblait réfléchir à présent.

- Ouais c'est pas faux...bah, il a peut être peur que les médias ne nous croient pas !
- Mais je te parle pas seulement de nous Majda. Si lui même dis que toutes ces rumeurs sont fausses, tout serait réglé non ?
-...

Le silence se fit. 

- Dans tout les cas, on est ici maintenant. On va "habiter" chez lui durant le reste de nos vacances, à qui penses-tu que ce genre de chose puisse arriver ? Personne Yvonne ! Personne ! Alors profitons un peu de ça...
- Oui d'accord...désolée d'être comme ça. Je sais pas pourquoi je n'arrête pas de me méfier de lui.

Majda sourit en réponse à ce qu'Yvonne venait de dire, et se roula de plus belle dans les couvertures.



*



1H25 du matin. Jang n'était toujours pas rentré de son photoshoot.
Yvonne dormait profondément, tandis que Majda était bel et bien réveillée. Elle observait le plafond et semblait dialoguer avec elle-même, silencieusement.
Elle s'extirpa doucement de son lit et se dirigea vers la porte. Elle l'ouvrit et la ferma le plus doucement possible. 
Plus tôt dans la soirée, avant de rejoindre sa nouvelle chambre, elle avait jeté des regards aux alentours et avait remarqué celle de Jang. Et c'est à cet endroit précit qu'elle se dirigeait à présent.
Après ce que lui avait dit Yvonne, Majda commença elle aussi à soupçonner quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais elle voulait en avoir le cœur net. C'est vrai qu'elle avait l'impression de très bien le connaître de part les informations des magazines et des médias... mais, elle était assez intelligente pour savoir que ces derniers ne disaient pas toujours tout.

Par chance, la porte de la chambre était ouverte. Elle l'ouvra doucement et jeta un coup d’œil furtif à l’intérieur avant de s'y engager complètement.
Elle ne trouva pas l'interrupteur mais ce n'était pas nécessaire car la grande baie vitrée était restée ouverte, et le clair de lune inondait bien assez clairement la pièce.
Elle se dirigea à pas feutrés vers la première commode qu'elle trouva. Elle ouvrit chaque tiroirs un par un et fouilla, en prenant un soin minutieux pour tout replacer correctement.
A ce moment là, elle vit quelque chose qui interpella son regard : une photo posée sur le bureau.
Il y avait une femme dessus, une belle femme avec de longs cheveux noirs, elle avait un large sourire et son visage dans son ensemble était très plaisant à voir.  Ce ne pouvait être sa mère. Mais ce n'était pas sa sœur non plus, elle le savait. Elle avait fait assez de recherches sur lui pour connaitre les membres de sa famille ainsi que ses proches en détails. Elle attrapa doucement cette photo pour mieux la voir.

C'est là qu'elle entendit des pas dans le couloir.

Elle était tellement absorbée par ce qu'elle faisait qu'elle n'avait pas entendu la voiture arrivée.

Elle se dépêcha de refermer le tiroir, et sur le coup de la panique, se cacha au premier endroit qu'elle vit : en-dessous de l'immense lit qui trônait au milieu de la pièce.

Des bruits de chaussures martelant le sol se fit entendre. Elle entendit aussi une brève discussion (certainement des formalités) qu'elle ne saisit pas correctement, puis les foulées se firent plus retentissantes.

La porte de la chambre s'ouvrit et Jang rentra. Il alluma la lumière, et jeta sa veste sur le lit.
Majda retint son souffle autant que possible. Son cœur battait la chamade.
Elle vit les pieds de Jang faire le tour du lit avant de s'y asseoir lourdement. Il enleva ses chaussures et soupira.
Ce qui semblait être une éternité s'écoula.
Jang se releva et Majda vit ses pieds se diriger en direction du bureau. Il s'arrêta.

Majda faillit avoir un hoquet de peur, et couva sa bouche à l'aide de sa main. Elle ferma les yeux et pria pour ne rien avoir laissé en évidence.

Finalement, Jang se dirigea vers ce qui semblait être la salle de bain, et le son de la douche se fit entendre.
Majda souffla légèrement, et s'extirpa doucement d'en dessous du lit. Elle se dirigea d'abord à quatre pattes puis finalement sur ses pieds vers la porte.
L'eau de la douche coulait toujours.
Elle atteignit la poignée et la tourna.
La porte s’entrebâilla. La sortie était là, elle ne s'était pas faites attraper.



Puis la porte se referma subitement. Une main venant de derrière Majda venait de la refermer.
Majda arrêta de bouger. De respirer. De penser.
Elle sentait la respiration de quelqu'un d'autre dans son cou. Elle était prise au piège. 

La lente respiration se rapprocha de son oreille. Malgré la chaleur de ce souffle, elle ne put s'empêcher de frissonner.. 

- Tu pensais que tu t'en sortirais facilement ? Murmura Jang, dans le creux de son oreille.

Majda était trop choquée pour répondre.

- J'espère que tu as une excellente raison d'être venue dans mon espace personnel. Personne ne peut rentrer ici, même pas la femme de ménage... Si personne n'en rentre, pourquoi quelqu'un en sortirait ?

La peur s'empara de Majda, elle voulut crier ou faire quelque chose, n'importe quoi. Mais elle était bien trop paralysée pour faire ne serait-ce qu'un seul geste.


samedi 24 janvier 2015

CHAPITRE IV : LE MASQUE TOMBE

     

             Il était déjà treize heures. Le soleil brillait intensément dans le ciel de Séoul, la vie affluait dans les rues. Tout le monde semblait heureux, insouciant...sauf deux jeunes filles, assises sur le lit d'un hôtel, le visage décomposé. Leurs rideaux étaient fermés, leur porte cadenassée, leurs esprits embué.

- Ecoute, je ne vais pas réussir à supporter de rester une heure de plus dans cette pièce, dit Yvonne avec un regard qui en disait long.
- Je sais...mais c'est trop risqué de sortir...on risque de recevoir davantage de mots de menaces ou pire, être carrément frappées !

Yvonne se mordit la lèvre inférieure et se leva d'un bond. Elle mit un pull noir muni d'une capuche, sa veste et chaussa ses converses.

- Je m'en fous ! J'en ai marre d'être considérée limite comme une criminelle alors que tout ça n'est qu'un tissu de mensonge ! Plus on se cachera, plus les rumeurs prendront de l'ampleur et crois-moi, c'est la pire chose qui puisse arriver.

Majda se leva aussi, et rattrapa Yvonne au bras

- Yvonne écoute-moi, nous sommes les seules à savoir que nous sommes innocentes, et peut-être Jang geun suk...mais personne ne nous croit. Je sais que c'est injuste mais il faut que tu te fasses une raison...il faut que nous supportions encore de rester confinées jusqu'à notre départ...

Yvonne s'arracha de la prise de Majda, et la regarda avec hargne

- Laisse-moi tranquille ! Tu n'as qu'à rester enfermer jusqu'à la fin de tes vacances, fais ce que tu veux ! Moi, je me laisserai pas faire.

Et ce fut sur ces dernières paroles qu'elle partit, en ne manquant pas de claquer la porte avec fracas.
Majda se retourna et tapa dans la chaise du bureau. La source de sa contrariété n'était pas le comportement d'Yvonne, mais plutôt l'inquiétude de ce qui pourraiait lui arriver.


*


Yvonne avait levé la voix sur Majda, et se sentait mal. C'était la première fois qu'elles se disputait aussi violemment...mais son tempérament était plus fort. 
Maintenant qu'elle était dehors, elle ne savait pas quoi faire...en fait, elle se sentait vraiment idiote. Son but était de sortir, mais pourquoi ? Elle voulait régler cette injustice..mais comment ? Il est vrai qu'elle ne supportait pas l'idée de rester les bras croisés, mais maintenant qu'elle était vulnérable, elle n'avait aucune idée d'où aller. Elle s'empressa donc de mettre sa capuche, et enfonça ses mains dans les poches.
Le soleil tapait fort, les gens riaient. Les filles portaient de courtes jupes, les garçons des bermudas. Yvonne, quant à elle, était en jeans et en pull à capuche...comment ne pas attirer l'attention ?
C'est alors qu'un groupe de lycéens arriva en trombe, ils étaient en train de se pousser entre eux en rigolant quand soudain, l'un d'eux heurta Yvonne, et tous deux finirent par terre.

- Ah heu, excusez-moi.. je.. balbutia-t-il

Il finit par croiser le regard d'Yvonne, et sa bouche s'ouvrit avant de s'exclamer

- Hey ! Les gars ! C'est l'une des étrangères qui est passée à la télé pour avoir prit en photo Jang geun suk bourré !

Le groupe se rapprocha, et forma un cercle autour d'elle. Yvonne remit sa capuche sur la tête et voulu s'enfuir, mais le chahut permit aux curieux aux alentours de se rapprocher, certains prirent des photos, d'autres chuchotèrent entre eux.
Au comble du désespoir, Yvonne poussa l'un d'entre eux et prit ses jambes à son cou. Elle ne pensait pas pouvoir courir aussi vite, mais la détresse était à présent son adrénaline, son produit dopant. 
Bien que la foule qui la suivait s'agrandissait, Yvonne prenait de la vitesse et rentra dans une ruelle afin de les semer dans des recoins tortueux. C'était risqué, elle ne connaissait pas du tout l'endroit, mais c'était la seule solution qui s'offrait à elle.
C'est à ce point de réflexion même que le pire arriva : un immense mur était dressé devant elle. Elle était prit au piège. Les pas de courses se rapprochèrent. Son cœur battait la chamade.

Elle ferma les yeux et se couvrit les oreilles de ses mains.

D'un coup, elle sentit quelque chose l'empoignée, et ses pieds décollèrent du béton. Tout se passa tellement vite qu'elle n'eut pas le temps de comprendre quoi que ce soit et se retrouva dans un sorte de cagibi, où des balaies et des torchons s'entassaient partout.

Les poursuivants se retrouvèrent dans l'impasse, aucune étrangère en vue...sauf un homme, adossé à une porte en fer, cigarette au bec. Il prit le temps de tirer longuement sur celle-ci, avant de la jeter et de l'écraser.

- Si vous cherchez une gamine en train de courir comme une folle, elle est partit par là, dit-il d'une voix monocorde.

Son doigt pointa la direction opposé, et les poursuivants rebroussèrent chemin.
L'homme attendit un instant, avant de se retourner, d'ouvrir la porte en fer, et de la fermer doucement derrière lui.

Yvonne se retourna en entendant une porte en fer s'ouvrir, et vit l'homme qui venait de la sauver de justesse. Il était plutôt petit et gringalet. Ses cheveux étaient blonds, mais les racines noires avaient déjà prit de l'importance. Il n'avait pas l'air bien méchant, mais sa moustache lui donnait un air respectable et légèrement hautain.
Il prit le temps d'enlever quelques éclaboussures de boue sur le bas de son pantalon, à l'aide d'un mouchoir qu'il avait préalablement mouillé avec sa salive.
Yvonne ne dit rien, elle se contenta de l'observer.

- Bon, je me présente. Je suis le manager de Jang geun suk, j'imagine que tu le connais bien étant donné que tu la rencontré "par hasard" (il accompagna ces derniers mots par le geste des doigts qui signifiaient entre guillemets). 
- Je...
- J'ai pas fini, coupa-t-il. Ecoute-moi bien, à la base je suis venu dans le but de te chercher toi et ton amie afin que vous supprimiez les photos et surtout, que vous vous excusiez auprès de Jang.

Yvonne le regarda d'un air hébété. Elle cligna deux fois des yeux, et semblait réfléchir.
L'homme la regarda fixement, il attendait certainement une réaction de sa part, mais elle se contenta juste de lui rendre son regard.

- Dans tout les cas, tu vas me suivre.

Il lui empoigna la manche sans ménagement, ouvra la porte, et la traîna vers la sortie. Une grande voiture noire était garée, et l'immense porte béante s'ouvrit comme si elle n'attendait qu'eux.
Yvonne finit par se débattre pour échapper à l'emprise de l'homme, mais ce dernier sortit un mouchoir de sa poche, avant de le lui mettre de force sur le nez. Avant qu'elle ne perdit connaissance, Yvonne se demandait ce qu'il lui voulait : elle n'avait rien compris...elle connaissait peut être les bases de coréen, mais le langage courant était tout autre chose !


*


La voiture les déposa devant une immense demeure, qui ressemblait à un château. Elle s'élevait tellement en hauteur, que le sommet semblait se perdre dans les nuages. L'homme sortit de la voiture avec dans ses bras, une Yvonne complètement inconsciente.
Cela aurait pu être une scène plutôt épique, mise à part qu'Yvonne avait la bouche grande ouverte, et l'homme le front en sueur et le visage rougit par l'effort.
Ils rentrèrent dans ce château qui n'en était pas un, et l'homme déposa la jeune fille sur un grand canapé en cuir. Elle semblait encore profondément endormie, et cela suffit à apaiser l'homme qui ne rêvait plus que de se laver le visage, et surtout, se descendre une bonne bouteille de Soju.
Au même moment, une immense limousine blanche s'arrêta devant la même demeure, et c'est un Jang Geun Suk qui en sortit, la démarche sure et les lunettes bien installées sur son nez. Arrivé à l'intérieur, il jeta sa veste clinquante par terre, avant de se diriger vers le fauteuil pour s'étaler...mais avant même qu'il eut le temps de s'asseoir, il vit une jeune fille inconsciente, gisant dans une position plutôt comique sur son canapé.

- Go minh nam ! Cria-t-il de toute ses forces.

Le manager accouru dans la salle, un regard affolé sur son visage, et eut juste le temps de se nettoyer la bouche à l'aide de sa manche.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Dit Jang geun suk

Le manager sourit, et dit d'un air confiant, en haussant fièrement le menton

- Ça monsieur, c'est le fruit de mon travail ! J'ai ramené celle qui vous a rendu la vie difficile afin que vous pussiez régler cela avec elle. Je lui ai même demandé de vous faire ses plus plates excuses.

Jang geun suk regarda la fille, avant de glisser à nouveau son regard sur le gros lourdaud qui était supposé être son manager. Ce dernier exhibait un immense sourire qui déformait son visage, paraissant déjà au naturel assez grotesque.
A ce moment là, un bruit se fit entendre. Un sorte de mugissement venait de la jeune fille sur le canapé. Ses paupières s'ouvrirent lentement, avant de reprendre totalement connaissance, et de se lever d'un geste furibond. Elle avait pleinement recouvert ses esprits, et toisait à présent les deux hommes en face d'elle.
Jang geun suk s'approcha d'elle et inclina légèrement la tête, comme si il s'agissait d'un animal de foire.

- Espèce de salaud !

Jang recula, et la toisa. Il ne semblait pas offensé le moins du monde... ou peut être, ne comprit-il juste pas la signification de ces mots.

- Do you speak english ? Lança-t-il
- Y..yes, répondit-elle, d'une voix mal assurée.
- Alors comme ça c'est toi la gamine qui m'a donné tellement de fil à retordre ?
- Non ! C'est faux ! Et vous le savez !

Jang parut surpris, et continua sur sa lancée

- Je ne me rappelle de rien.
- Ah bon ? Tiens, je me demande pourquoi vous m'avez dit que vous étiez content de vous faire sauver ?
- Je n'ai jamais rien dis de tel ! S'emporta-t-il ! Je n'ai même rien dit !

Silence. Il comprit qu'il venait de se faire duper.

Cette fois-ci, Yvonne émit un léger rictus de fierté en le regardant bien dans les yeux. Jang, quant à lui, était encore interloqué par cette rapidité et cette perspicacité. Il s'était fait avoir si facilement.
Evidemment, il savait la vérité. Il savait que les deux filles étaient en train de l'aider, et non de le prendre en photo... mais justement, ça pouvait lui faciliter la vie. Il pouvait utiliser cet incident comme excuse pour prendre de longues vacances ou mieux - se retirer de la scène. Voilà ce qu'il désirait à présent, quitter le monde du show business en toute humilité, sans qu'on le prenne pour un lâche. Mais oui, c'était la victime, et cet accroc l'aiderai à parvenir à ses fins.

- Je resterai ici jusqu'à que vous révéliez la vérité aux médias, annonça Yvonne, tout en croisant les bras.

Jang avait besoin des filles, il avait besoin de leurs fausses confessions afin de pouvoir prétendre au retirement. Mais pour ça, elles allaient devoir coopérer.
Ça, c'était une autre paire de manche, pensait-il...mais ce ne sont que deux idiotes qui vont tout de suite accepter ma proposition, car après tout ; je suis le fameux Jang geun Suk, non ?




jeudi 22 janvier 2015

CHAPITRE III : UN DETESTABE MALENTENDU.



Jang Geun Suk ouvrit lentement les yeux, et put discerner une surface plane et blanche. Il avait légèrement mal à la tête, mais là où la douleur se faisait vraiment vive était au niveau de son genou droit. Ses bras semblaient lourds, et ses paupières avaient encore du mal à rester ouvertes. Mais il comprit qu'il était à l'hôpital.
De nombreux paparazzis tentaient de rentrer dans la chambre, mais plusieurs infirmiers leurs barraient la route.
Il n'arrivait pas à se remémorer clairement des événements antérieur, et ne voulait pas vraiment s'en rappeler de toute façon.

- Il est réveillé ! Cria un paparazzi

L'engouement se faisait plus féroce chez les journalistes devant la porte, des flashs lumineux agressaient les yeux du patient. Il en avait marre, réellement.
Pourquoi fallait-il que ces foutus médias viennent fourrer leurs nez même à l'hôpital ? Pensait-il
Ils veulent que je remercie mes fans de m'avoir piétiné alors que je voulais seulement déguster un bon bol de nouilles ? Jamais de la vie.

Il est vrai que Jang Geun Suk adorait son travail d'acteur. Il aimait plus que tout se mettre dans la peau d'un autre personnage, être quelqu'un d'autre. Depuis toujours ce fût son rêve, mais ces songes qui paraissent si doux et merveilleux dans l'enfance peuvent s'avérer fatal par la suite. Tout ce qu'il voulait à présent, c'était retrouver une vie sans chahut, sans fans qui lui couraient derrière, bref, être à nouveau un citoyen comme tout le monde, et non la star coréenne adulée du monde entier.
Evidemment, ça n'allait pas se produire en un claquement de doigt. Son visage était mondialement connu... à part refaire de la chirurgie esthétique (complète cette fois-ci), quel autre alternative avait-il ? Aucune, là était le problème.

Quelques bribes de souvenirs surgissaient de sa mémoire : sa mère, son père, sa sœur. Tous devenus fous d'argent au point de le voir comme une mine d'or au lieu d'un être humain. Au lieu de tout gagner, il avait tout perdu. Les vrais amis sont remplacés par des hypocrites, l'amour est remplacée par l'image, la beauté, la famille…n'en parlons pas, tous devenus des rapaces vivant dans un luxe sans limite, exhibant leurs fortunes sans une once d'amertume.
Même si la Corée entière pensait qu'il avait atteint la pointe de la pyramide, lui au contraire, avait plutôt l'impression d'être enfermé dans le cachot du sous-sol. Il était seul au milieu d'étrangers. Seul au milieu du monde, cela pouvait paraître paradoxal, mais c'était précisément le ressenti qu'il avait au fond de son cœur.

Il ferma les yeux et feignit de dormir, dans le but de feinter les paparazzis qui finirait, il espérait, par partir; las d'attendre une entrevue qu'il ne donnerait jamais.
Il s'endormit réellement et les bruits devinrent sourds, puis s'estompèrent peu à peu. Jan Geun Suk avait rejoint les bras de Morphée.


*

- Dis, tu crois que ça ira pour lui ?

Yvonne posa cette question posée sur le lit de l'hôtel. Elle mangeait (oui encore) des chips aux crevettes. Seuls les bruits de mastication résonnait dans la pièce.
Majda, quant à elle, scrutait les dernières actualités sur son ordinateur portable. Elle voulait savoir si les médias avait réussi a rapidement publier un article sur "l’événement".
C'est là qu'elle tomba sur un article où une photo trônait en première page : Yvonne et elle accroupies dans un coin, le téléphone à la main, tandis qu'un Jang Geun Suk évanoui jonchait le sol, tel une larve.

- Eh, je te parle Majda, tu m'écoutes ?

Yvonne se leva pour rejoindre Majda à l'ordinateur, et vit la photo. Elle plissa les yeux afin de se persuader de ce qu'elle voyait, puis lâcha un "oh" nonchalant.
Majda cliqua sur la photo pour l'agrandir, et resta interloqué.

- Re…regarde une fois les commentaires proposa Yvonne

Majda cliqua sur un lien, et de nombreux commentaires apparurent. Des insultes pour la plupart.
Yvonne décida de lire à voix haute :

  • "Pourquoi elles prennent des photos lorsque Oppa est dans cet état ???? Quelles s***** !!" Yvonne déglutit, puis continua à lire. "Elles profitent de sa faiblesse, quelles c******, si jamais je les croisent dans la rue, je vous jure que je les tuent !!!"

Yvonne prit la souris de la main crispée de Majda et ferma hâtivement la fenêtre. Elles restèrent encore quelques secondes hébétées et se dévisagèrent. Les internautes se méprenaient sur elles. Elles n'avait jamais profité de la faiblesse de Jang Geun Suk..en fait, elles étaient en train d'appeler l'ambulance.

                            Mais ça, personne ne le savait. A part elles…et peut-être la célébrité.

CHAPITRE II : UNE RENCONTRE FORTUITE.


        Même si nos deux jeunes filles étaient surexcitées par leurs arrivées, le corps lui, en disait autrement. En effet, ces sept heures de décalages horaires pesaient fortement. Elles en avaient donc profité pour prendre une rapide douche, se changer, et se jeter sur les deux lits.
Majda s'endormit rapidement, mais Yvonne, qui venait en fait d'émerger (eh oui, seulement maintenant...) n'était plus fatiguée, mais se sentait juste bizarre. Elle était partie de chez elle, pour la première fois de sa vie sans ses parents, au bout du monde accompagnée de son amie. Elle avait déjà une connaissance théorique de ce qu'était la Corée, sa culture, son histoire, ses caractéristiques. Mais la c'était différent, elle allait voir ça de près, de ses propres yeux. Goûter les spécialités (le Kimchi ou encore le Jajangmyeon !), rencontrer des gens, échanger avec eux (et donc pouvoir faire la fameuse courbette sans qu'on la prenne pour une folle), et le must…stalker les célébrités mâles. Bah oui, si elle est là, c'est aussi pour ça ! Enfin, stalker… c'est un grand mot. Elle vouait juste avoir l'occasion de les voir lors d'un meeting entre fans, ou même avec de la chance, sur un tournage de drama. Mais ce genre d'événements était rare, et surtout, inaccessible au public.

Elle décida donc de prendre le plan récupérer à l'accueil de l'hôtel, et d'y chercher les endroits sympa à visiter. Il y en avait un en particulier qu'elle voulait parcourir : la N Seoul Tower.

Pourquoi ? Tout simplement parce-que c'est ici que tous les amoureux inscrivent leurs noms sur un cadenas avant de l'accrocher sur la tour…et elle voulait absolument y mettre au moins les pieds une fois, histoire de voir tout ces couples liés un amour éternel - ou éphémère - et se promettre une tendresse infinie…ou fugitive. Bref, la curiosité l'avait piqué, et elle voulait admirer ces nombreux cadenas accrochés de part et d'autre.



Les filles avaient fini de disposer leurs affaires dans la chambre d'hôtel, et se préparaient maintenant à leur première sortie en ville. Yvonne s'était vêtue d'une jupe noire, avec des chaussettes hautes car d'après ses dernières recherches "c'était à la mode en Asie". Majda, elle, opta plutôt pour un jeans slim ainsi que des baskets confortables. Elles étaient fin prête à découvrir le quartier.

Il était 20h à Séoul, et le soleil avait déjà presque disparu. La principale source de lumière s'était en effet absentée du ciel, mais les innombrables magasins pourvus de néons lui rendait justice. La rue était bondée, les gens parlaient, riaient, certains lycéens chahutaient. D'immenses panneaux publicitaires jonchaient les immeubles, c'était coloré, ça clignotait de partout.
Majda scrutait avec émerveillement tout cet amas de couleurs, elle tournait constamment la tête et ne pouvait poser son regard sur quelque chose plus de deux secondes. Yvonne, quant à elle, était trop occupée à noter sur son bloc-notes le nom des différents traiteurs qu'elle croisait…à croire qu'elle avait un estomac à la place du cerveau.

- Oh ! Regarde ! Ça te dis qu'on aille tout de suite se faire une spécialité !
- Pourquoi ça ne m'étonne pas plus que ça venant de ta part ? Ironisa Majda.
- Eh, j'ai faim moi c'est tout ! Rétorqua Yvonne, sur un ton enjoué.
- Comme toujours hein !

Les deux filles choisirent donc de commander chez un petit traiteur de rue, qui vendait des nouilles udon au kimchi. Elles s'installèrent sur de petits tabourets en plastique, et jouissaient pleinement de ce retour à la simplicité.
Les plats fut servis, et le deux jeunes filles mangeaient avec un plaisir non caché.

- Ce qui est cool dans ce genre de traiteur, c'est que tu peux manger seul, et personne ne te fais de remarque.
- Hm...c'est vrai c'est vrai. Mais c'est quand même plus sympa à deux non ? S'étonna Yvonne
- Oui oui, mais je dis ça car il y a un mec là-bas qui mange tout seul…j'ai presque l'impression qu'il veut se cacher avec cette capuche recouvrant la moitié de son visage.

Yvonne leva sa tête du bol de nouilles, et observa le monsieur assis dans un coin avec, lui aussi, un bol fumant. Il avait l'air grand et fin, car comparé à lui, le tabouret semblait ridiculement petit. Il était vêtu de noir de la tête aux pieds, et semblait jeter des coups d'œil autour de lui toutes les cinq minutes.

- Il a l'air suspect..ça doit être un voleur ou un truc du genre commenta Yvonne avec un air méfiant
- Je ne pense pas..il a pas la dégaine d'un voleur
- Ah parce-qu'un voleur a une allure particulière maintenant ? Ironisa Yvonne
- Non non, mais..enfin, il me fait penser à quelqu'un mais je ne sais pas qui, s'enquit de rétorquer Majda d'un ton songeur
- Je ne savais pas que tu avais des connaissances en Corée, répondit Yvonne, un sourire moqueur en coin.
- Tu vas jamais arrêter de te foutre de moi hein ? Dis Majda d'un ton légèrement irrité.

C'est alors que l'étranger se leva, et se dirigea vers le vieil homme qui préparait les ingrédients pour une soupe à venir. Ce dernier était encore occupé à rassembler ses ingrédients, qu'il ne fit pas attention à l'homme se tenant devant lui. Le garçon lui tendit un billet, et c'est au moment de récupérer celui-ci que le traiteur s'écria :

- Ah mais, je vous connais ! Vous passez à la télévision non ?
- Heu, jeu.. bafouilla l'homme
- Si, Si ! Ma fille est fan de vous ! Elle a des posters collés absolument partout ! S'extasia le vieil homme.

Deux adolescentes qui se tenaient non-loin de la scène se stoppèrent et le pointèrent du doigt… puis l'une d'elle cria, et l'autre fit de même. L'une sortit rapidement son téléphone du sac, tel un ninja, tandis que l'autre se précipitait déjà vers l'homme.
C'est alors qu'une marée humaine arriva, des adolescentes pour la plupart, mais aussi des adultes en majorité, féminine.

Yvonne et Majda ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait sous leurs yeux ébahis. N'ayant pas eu le temps de faire un seul geste, le tsunami les engloutirent et elles se retrouvèrent pratiquement par terre, les bols renversés sur le sol ainsi que sur leurs vêtements.
Majda aida, tant bien que mal, à relever Yvonne qui pestiférait contre le flot de fans qui venait de déferler, sans pitié sur elle…et sur sa nourriture.

- Non mais j'y crois pas…pourquoi ça devait arriver aujourd'hui ?
- Mais Yvonne, tu ne te rends pas compte! Il y a une célébrité à quelques mètres de nous ! S'enquit de remarquer Majda
- Mais c'est qui ? Tu le reconnais ?

Majda plissa les yeux pour essayer de décerner quelque chose dans cette foule, mais en vain. Elle aida Yvonne à nettoyer le reste de nouilles sur sa jupe et à relever les tabourets.
La célébrité finit par s'échapper à travers un  espace minime entre deux fans, et à se ruer vers l'extérieur du cercle.  Mais il ne vit pas les deux jeunes filles en train de se diriger vers la ruelle pour s'éloigner de ce déluge...il leur rentra donc dedans et elles tombèrent à nouveau.

- Non mais c'est pas possible, il est fou ou quoi ? S'énerva Yvonne

Il essaya de se relever, mais sa blessure semblait plus grave. Le sang imbibait son pantalon, et il semblait réellement mal en point. Majda prit alors l'initiative de l'aider à se relever, et à se diriger à l'abri des regards.
Les fans tentèrent en vain de le suivre, car il disparut soudainement de leurs griffes acérées. Ils décidèrent donc de rebrousser chemin et de chercher dans les restaurants alentours.
Pendant ce temps là, nos trois protagonistes étaient cachés derrière une benne à ordure, un endroit assez ignominieux mais bien dissimulé somme toute.
L'homme semblait prêt à défaillir, mais restait tout de même conscient. C'est alors que Majda pâlit, et bafouillait dans un langage incompréhensible.

- Majda ? Qu..qu'est-ce qui t'arrives ? S'enquit de demander Yvonne
- C'…c'est..c'est…Yvonne, c'est lui dit Majda d'une voix blanche

Yvonne scruta le visage de l'étranger, et son visage s'illumina. Elle aussi l'avait vu quelque part, et pas n'importe où…dans un drama. Mais elle avait oublié son nom.

- Majda, je crois qu'on est en train de vivre un truc de…
- Mon dieu ! J'y crois pas qu'il soit en face de moi ! Jang Geun Suk, le vrai ! Coupa Majda

L'homme releva la tête à l'appel de son nom, observa les deux jeunes filles avec un léger sourire en coin, puis ses yeux firent un 180 % avant de tomber dans les pommes.

Donc, si nous récapitulons la situation : Yvonne et Majda se trouvent à côté d'une Jang Geun Suk évanoui, derrière des bennes à ordures, à Séoul. Bon, pourquoi pas après tout…

CHAPITRE I : LE TOP DEPART !



- Tu es prête ?
- Attends, attends…j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus !

Yvonne se tenait devant l'entrée de la porte, feuilletant un petit carnet, tandis que Majda courait partout dans la pièce.

Ce petit studio fut une immense trouvaille pour ces deux jeunes filles qui rêvaient de suivre leur étude ensemble, sans pour autant se perdre de vue. Elles avaient comme objectif de faire du coréen leur deuxième langue, et d'ensuite pouvoir dégoter un bon boulot dans le pays même. Evidemment, ça n'allait pas être chose aisée, mais ce n'était pas l'ambition qui manquait.

 - Bon, qu'est-ce que tu fous ? On va réussir à manquer notre train ! S'impatienta Yvonne.
- Arrête de me mettre la pression comme ça ! J'ai oublié un truc mais je n'arrive pas à savoir quoi..et je sais que je vais m'en souvenir lorsqu'on sera arrivées à l'aéroport s'exclamait Majda avec une pointe d'excitation dans la voix.
- Eh bien tant pis, je pars devant !

Yvonne endossa son sac à dos, mit un coussin sous le bras et prit sa valise de sa main valide. Son carnet coincé entre les dents lui donnait un air animal, mais c'est comme cela qu'elle se sentait à l'instant : comme un tigre allant à la rencontre du monde. Elle attendait ce voyage depuis des mois et ne cessait d'en parler autour d'elle comme si il s'agissait d'un déménagement définitif. En réalité, Majda avait participé à un concours concernant la culture générale coréenne et avait gagné…gagné un voyage pour deux vers le pays en question. Evidemment, elle avait sans hésiter inviter sa colocataire.

- Yvonne, je te jure que si ce que j'ai oublié est quelque chose de vital, je me tue.

Majda s'extirpait, tant bien que mal, de la porte d'entrée transportant une immense valise rouge, plus voyante que jamais, ainsi qu'un sac à dos et un sac à main. Elle était exténuée.

- Tu n'es même pas encore sortie du studio que tu es déjà essoufflée ! Se moqua Yvonne.
- Ahh, tais-toi !
- C'est bon, je rigole ! De toute façon on devra courir...ça aura toujours été un bon entrainement ! Le taxi est là depuis au moins dix minutes, allez viens !

Les deux jeunes filles se dirigèrent vers la voiture, embarquèrent leurs bagages avant de renter dans le véhicule, en route vers une destination jusqu'à là encore inatteignable pour nos deux jeunes protagonistes : La Corée.


L'avion venait de se poser à l'aéroport international d'Incheon. Les bruits des moteurs se faisait encore retentissant, pendant ce temps, certains passagers émergeaient doucement d'un long somme, d'autres récupéraient déjà leurs sacs. Majda, elle, était restée éveillée la nuit entière car elle était beaucoup trop excitée à l'idée de poser ses pieds sur la terre coréenne. Elle avait suivit toute la descente de l'appareil avec émerveillement depuis son hublot, en sortant quelques "woaw" ou "pfiouu".
Yvonne, quant à elle, avait dormi. Tout le long du voyage. Elle n'avait sans doute pas entendu l'avion atterrir car elle était encore lovée sur son siège, la tête en angle droite avec un léger filet de bave sur le coin de sa bouche…bref, la femme fatale.

- Yvonne,Yvonne ! Réveille-toi ! On est arrivées !
- Gnn

Yvonne avait légèrement levé la tête, souleva les bras comme pour repousser un esprit invisible et se rendormit.

- Non mais je n'arrive pas à y croire…elle est vraiment pas croyable s'exaspéra Majda.

Majda se leva, prit son sac à dos ainsi que celui d'Yvonne, avant de le lui envoyer en plein visage. Cette dernière s'effraya et se cogna contre le siège de devant. Elle prit encore quelques secondes à émerger avant de se rendre compte de la situation.

- Oh, oh ! Mais..mais, pourquoi tu ne m'as pas réveillé ! S'écria-t-elle, ébahie.
- …J'espère que tu te fous de moi, ça fait deux fois que je t'appelle mais tu étais trop occupée à baver partout que tu ne t'en ai pas rendu compte !

Yvonne s'essuya machinalement la bouche de sa manche, et regarda autour d'elle. Certainement pour vérifier qu'il n'y avait pas d'autres passagers, ou plus précisément, des témoins de ce moment assez gênant.

Les deux filles s'extirpèrent de l'avion et doucement, découvrirent le nouveau paysage qui s'offrait à elles. Une immense structure qui s'étendait en large, pourvue d'énormes vitres. Les voyageurs fourmillaient de partout, des camionnettes transportant divers bagages défilaient en bas, des hôtesses de l'air marchaient en groupe. Bref, un aéroport.

- Woaaaw, c'est magnifique ! S'extasia Majda.
- Ehh, t'as jamais vu d'aéroport de ta vie ou quoi ? Ronchonna Yvonne.
- Non, c'est la première fois que je prends l'avion !
- Hm…j'espérais que tu sois malade ou morte de trouille, mais on dirait que tu as profité du vol plus que ce que je ne pensais !
- Tu sais, à force de me maudire, il t'arriveras quelque chose de mauvais et tu repenseras à moi ! Dis Majda, un sourire en coin.
- M'ouais, bien sûr. Rétorqua Yvonne, accompagnant ses dire par une légère mou boudeuse.

Les deux jeunes filles rentrèrent dans l'aéroport toute souriante (du moins Majda, Yvonne émergeait encore), firent tout ce qui fallait faire (à savoir : passer par le détecteur de métaux, vérification du passeport, etc..) et se dirigèrent vers le premier taxi en vu.
Bien installées, les deux jeunes filles purent enfin profiter du paysage s'offrant à elles. Chacune d'un côté de la banquette, elles scrutèrent chaque bâtiments et magasins qui défilaient sous leurs yeux, remplis d'étoiles. Le taxi fini par s'arrêter devant un petit hôtel deux étoiles, Yvonne paya le chauffeur pendant que Majda sortit les bagages du coffre, et c'est comme cela qu'elles se retrouvèrent devant le Lookhome, un hôtel dans le quartier de Myeongdong.
Majda tourna la tête vers Yvonne et vu enfin ce qu'elle voulait voir : un immense sourire éclairait le visage de cette dernière.